« Un voyage » , Véronique

Pierre,
Mon approche de toi est née d’une curiosité au sujet des cordes. Puis l’esthétique m’a fascinée et conduite à l’envie de gouter à l’ «entravement». Ensuite, le hasard d’internet et surtout la chance m’ont conduite à toi. Je parle de chance, parce qu’au-delà du hasard, il fallait cette magie qui fait que l’on rencontre la bonne personne au bon moment. Après, tout est allé très vite, l’envie et le désir de gouter à la réalité des cordes m’ont fait te téléphoner bien rapidement, un rendez-vous fut pris pour que tu m’inities aux plaisirs du bondage.
Ce jour-là, emprunte d’appréhension il m’a fallu aller à toi, l’Inconnu. Je passe sur le contexte, car à ce moment-là, l’inné va à l’essentiel. L’essentiel, c’était toi. Il me fallait ressentir instinctivement une «rassurance» vis-à-vis de toi. Je voulais me sentir en pleine sécurité.
Il n’a fallu que quelques minutes à mon instinct pour savoir que c’était possible. Le frôlement de nos mains, la compréhension de nos regards, la connexion de nos énergies ont donné un feu vert pour une expérience haute en couleurs émotionnelles.
Que dire de ce souvenir et de ceux qui ont suivi ?
D’abord, dans tes cordes, cher Pierre, je me suis sentie invitée puis accueillie. Ta sensibilité t’a fait me deviner.
Tu observes, tu ressens, tu apprivoises, tu entoures, tu testes, tu jauges puis tu encordes.
Là, tout commence. Le voyage que tu inities annonce des découvertes de mon intime. 2 Etres s’entrelacent au fil de tes cordes. Il y a toi, le maître des liens, et il y a moi, la désireuse d’  «entravements». Incompréhensible pour les insensibles à cet art. Mais moi, je sais qu’en ressentant tes cordes je pars en voyage, et c’est toi qui hisses mes voiles. En capitaine, tu manœuvres mon corps, pour faire chavirer mon âme. Les iles que nous longeons sont celles de l’abandon, du plaisir, de la jouissance. La douleur est transcendée.

Constat d’une antinomie, tes cordes serrent et libèrent à la fois.
Paradoxe en trilogie: le corps endure, le cœur aime, l’esprit jubile.
Et que dire de la domination-soumission, état propre à chacun. Durant nos séances je t’ai offert ma soumission mais le dominant que tu es, accepte d’être soumis aux plaisirs de ta dominée.
Comme je le disais au tout début, c’est la curiosité et la recherche de l’esthétisme qui m’ont conduite à découvrir le shibari. Le réel que tu m’as offert m’a ouvert une autre perspective bien plus forte, plus intime, celle de l’abandon, du flottement et de l’appartenance à l’autre, en pleine confiance.
Pour tout cela cher Pierre et pour le reste, Merci.
Vous qui ne savez pas, vous qui n’osez pas, si une parcelle d’envie vous conduit à vivre un jour cette expérience n’hésitez plus, vous êtes en présence d’un attachant attacheur.
Sachez qu’avec Pierre, vous avez trouvé Le Maître.
Véronique